César Vayssié
Spectacles
test
et pourtant...

La kinesphère de Rudolf Laban – bulle imaginaire, déterminée par l’extension des jambes et des bras, dont le danseur ou la danseuse est le centre – délimite un espace physique de l'intime, une distanciation pour la beauté du geste. A l'inverse, la sphère digitale elle, circonscrit un espace méta-physique où la surexposition de soi révèle les paradoxes de la brutalité néo-libérale.Touristes low cost visitant notre propre impuissance, nous voyageons en circuit fermé dans un espace infini mais clos qui garantit nos désirs, virtualise nos actes et tient à distance l'expérience d'un réel infréquentable, à l'image des deux interprètes qui sont connectés mais ne se touchent pas. Et pourtant il faudrait composer avec le fantasme et la réalité dans un «en même temps» salvateur et sexy, à l'instar du narrateur de GOOD BOY qui drague avec un smartphone mais expérimente, au plus profond de son être, la réalité physique du corps des autres.
Chaque époque contient ce schisme entre le réel et le désir qui provoque d'impérieux passages à l'acte, brise le silence des actes, révèle l'absurdité des normes et pousse, par exemple, à sortir des cadres politiques ou cinématographiques, à détruire les dogmes historiques ou le quatrième mur, à changer de représentation ou de sexe. Percer la bulle, une kinesphère intérieure, pour sortir de soi, sentir son corps avec celui de l'autre en mouvement dans un espace où l'air est respirable. Péter le cube donc et danser ensemble...

GOOD BOY...

Le roman GOOD BOY d'Antoine Charbonneau-Demers décrit la situation d'un jeune homme de 20 ans qui laisse derrière lui sa vie provinciale sécurisante et une mère inquiète. Son but est de «péter le cube», sortir de sa zone de confort, changer à travers l’exploration de sa vie sexuelle. Le «good boy» s’inscrit sur des sites de rencontres et rencontre des hommes. Il enchaine rapidement les expériences sexuelles certaines sont enivrantes et excitantes, d’autres sont tristes voire violentes. Au grès de ses obsessions particulières (Rihanna, un chat, Modigliani, le rapport à la mère), le narrateur évolue dans une sorte de paranoïa qui engendre des ruptures importantes dans le rythme du récit.
L'écriture d'Antoine Charbonneau-Demers, directe et factuelle mais aussi surréaliste, s’attache au mouvement des corps dans un tableau, paradoxalement jouissif, de la solitude contemporaine.



avec
Alix Boillot et Pursy De Médicis
et des extraits du roman GOOD BOY d'Antoine Charbonneau-Demers
(VLB éditeur / Arthaud)
ainsi que des images et des sons disponibles sur internet

collaboration artistique Bérénice Barbillat
production A_FE / Caroline Redy
carolineredy@gmail.com

coproduction
Ménagerie de Verre, Paris
Montévidéo Centre d'art, Marseille
avec l'aide du CN D
et la participation du DICRéAM / CNC
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